- Depuis la crise pétrolière du début des années 70, la France connaît un taux de chômage élevé et croissant avec quelques périodes de chutes.
- La crise de 2007 a accentué cette tendance croissante et la lutte contre le chômage est la priorité du gouvernement mis en place par François Hollande.
- Pour le mois de janvier 2014, il y a 3 316 200 chômeurs qui sont recensés officiellement par l'administration française.
- Le chômage touche toutes les catégories de la population ou presque et est souvent jugé à l'origine de la délinquance chez les jeunes qui vivent en banlieue et de nombreuses formes de dépendances et comportements déviants chez ceux qui en sont victimes.
- C'est aussi la marque déshumanisante de l'échec dans une société où la réussite des uns ou des autres est de plus en plus affichée et donc visible, où l'argent est roi et où la carrière est souvent devenue un mode de vie.
- Redonner à la vie sa vraie valeur et son vrai sens. Voici ci-dessous trois idées et approches qui pourraient apporter une ébauche de solution, chacune à leur manière.
- À discuter et à suivre...
1. LA NOTION DE SALAIRE UNIVERSEL
Transcription
L'idée n'est pas nouvelle. Elle a été lancée par Thomas Moore au XVIème siècle dans son ouvrage "L'utopie". Un concept repris ensuite dans les années 30 aux Etats-Unis pendant la crise et étudié par de nombreux économistes.
Les auteurs de l'initiative propose un revenu de base de 2500 francs ($2800) par mois pour chaque adulte, riche ou pauvre, vivant légalement en Suisse. Les salaires et les aides sociales seraient alors réduits. Le coût total est estimé à 200 milliards de francs. le financement n'est pas encore déterminé mais une partie proviendrait des économies dans les assurances sociales.
L'initiative casserait le lien entre revenu et travail. Déjà aujourd'hui, de nombreuses heures de travail ne sont pas payés, par exemple le travail des femmes ou des hommes à la maison, ou bien le bénévolat, notamment l'aide aux personnes âgées qui leur permet de continuer à vivre chez elle; des tâches nécessaires au fonctionnement de la société. Un revenu de base permettrait de développer ce type d'activité.
Anne-Béatrice Duparc: "Le but en fait, c'est de trouver une nouvelle manière de s'adapter à une situation... à la situation actuelle, c'est-à-dire que on est dans une situation, en fait, où le plein emploi n'existe plus et existera de moins en moins et on doit trouver maintenant de nouvelles solutions qui vont permettre de faire que chaque personne aura une place dans la société et qui n'est pas forcément une place...qui n'est pas forcément liée à une activité rémunérée."
2. DONNER LA PAROLE AUX "INVISIBLES"
Le projet "Raconter la vie" expliqué par Pierre Rosanvallon
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Transcription
Raconter la vie part du constat qu'il y a aujourd'hui de plus en plus de personnes qui sont comme muettes dans la société. Elles n'ont pas droit à la parole. Elles sont dans leur coin. Elles sont à la fois isolées avec un sentiment d'oubli, un sentiment de solitude, un sentiment de ne pas être pris en compte. Et on voit que à partir de ce sentiment, il y a parfois un découragement, une forme de désenchantement qui se traduit aussi par le fait que un nombre croissant de personnes sont hélas prêts à aller vers les sirènes de certaines formes de populisme.
Donner la parole, permettre de s'exprimer à tous ceux que l'on peut qualifier, d'un mot commun, d'invisibles. Pourquoi invisibles? Ils ne sont pas invisibles. Tout le monde existe bien dans la société avec sa vie, son travail, son quotidien, mais invisibles pour les institutions, invisibles pour les partis, invisibles pour les médias. Et c'est cela que souhaite faire ce projet de "Raconter la vie." C'est de constituer d'une certaine façon l'équivalent d'un parlement des invisibles.
Prendre des exemples. C'est qu'aujourd'hui tout le monde a à la bouche le mot "le peuple" mais qui parle de cette nouvelle forme de travail ouvrier qui se développe de plus en plus. Qui parle des entrepôts logistiques qui sont maintenant les entreprises modernes? Qui parle des chauffeurs-livreurs? Qui parle des gens qui travaillent comme caristes dans des entrepôts? Qui parle des dépanneurs? Tous ces gens-là maintenant, c'est la masse des nouveaux ouvriers, même si bien-sûr il existe tous ceux qui sont dans les usines industrielles classiques et peut-être plus encore maintenant dans les entreprises agro-alimentaires.
Et puis, il y a aussi des lieux que l'on n'aperçoit pas. Il y a justement, par exemple, les nouvelles formes d'usine mais on ne s'intéresse pas non plus à tout un certain nombre d'endroits qui sont des endroits d'entre-deux, entre la campagne et la ville par exemple. Donc il faut parler de la société réelle telle qu'elle existe aujourd'hui. Voilà tel est le programme de "Raconter la vie."
3. "PRÉFÉRER LE MIEUX AU PLUS"
Robert Costanza, spécialiste de l'économie écologique.
Entretien réalisé par Coralie Schaub (5 mai 2013), Libération
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